TravauxÀ propos de moi
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Portfolio
Lya Burdet

Centre de Formation
Professionnelle Arts, à Genève
Graphisme, 4ème année
19 ansGenevoise et Zurichoise





Festival Transforme

Août – Octobre 2023
La vision sociale de la culture que promeut le Festival Transforme est intéressante. En effet, en plus de rassembler une des rappeurs et rappeuses important·es de la scène francophone, il propose également des tremplins pour de plus jeunes artistes. Il est pour ceci aidé par des apprentis de l’ensemble du canton de Genève, qui participent par exemple au montage de l’événement, à l’encadrement, au service sur place et bien sûr à la communication.
Créer l’affiche de ce festival était pour toute ma volée une chance, car, au début de notre deuxième année, il s’agissait du premier mandat externe qui nous était proposé, en plus d’être notre premier pas dans le graphisme culturel. Prenant en compte le public de jeunes amateurs de musique actuelle et la ligne éditoriale de Transforme, tournée vers la culture urbaine, mon concept a été de mettre en avant une mascotte sous la forme d’un kébab dansant, dynamique, monstrueux mais avant tout amusant, et de compléter mon affiche avec une typographie impactante.
Au moment de la présenter – car c’est ainsi que cela se passe lorsque le CFP Arts reçoit un mandat: chaque élève propose un concept puis le présente oralement devant le client – j’ai terminé mon passage en disant: «Pour conclure, avec cette affiche, le Festival Transforme invite à écouter de la musique enjouée, profiter du début de l’été, passer un bon moment avec des ami·es… et manger un bon kebab !» Même si mon affiche n’a pas été sélectionnée, elle a plu à notre client qui m’a mentionnée dans son choix final pour mon originalité.
Transforme Festival 01
Transforme Festival 02


Journal Typographique
Février – Mai 2024
Au second semestre de notre deuxième année, notre professeur de typographie, Monsieur Huegi, nous a proposé le travail suivant: présenter, sous la forme d’un journal, un style de musique, avec rien d’autre que de la typographie et une seule fonte que nous ne choisissions pas. Nous avions encore d’autres contraintes, telles que le format, un nombre de pages minimal, des marges à ne pas dépasser, ou encore de mettre en page au moins une interview. Le but était clair: nous apprendre à jouer avec la typographie, la hiérarchie des différentes tailles de texte et les différentes masses sur le papier, en plus de nous soumettre à quelques demandes précises de nos futur·es client·es. Et je dois dire que la mission a été prolifique, car c’est ce professeur qui a vraiment commencé à me transmettre la passion de la typographie, des grilles précises et des règles de mise en page, un amour que je continue de cultiver aujourd’hui.

Lettrage Typographique
Mai – Juin 2024
Comme un premier pas dans le dessin de lettres, j’ai également pu faire en deuxième année un lettrage typographique, avec pour consigne principale d’écrire le nom d’une ville Suisse à choix.
J’ai d’abord pensé que le fait d’écrire «Zürich» avec des lettres géométriques serait un travail simple, avant de me rendre compte que cela me demandait un autre type de travail: celui de tracer mes caractères de telle sorte à ce qu’il aient l’air géométriques. Pour autant je ne m’y suis pas cassé les dents et il me semble avoir réussi ce défi. En supplément, j’ai décidé que ce lettrage serait «variable», qu’il serait donc possible de changer librement la graisse de cette police d’écriture, si elle était en effet réalisée. Je me suis donc amusée à créer des variantes, grasses, fines, ou encore des caractères spéciaux. Par la même occasion, j’ai pu expérimenter le logiciel Glyphs et mieux comprendre son fonctionnement.
Voici donc mon lettrage, présenté comme s’il annonçait la venue prochaine d’une nouvelle police d’écriture qui rendrait hommage à la ville de Zurich, et que j’ai sobrement appelée «Geometrich». Depuis, je me surprend parfois à griffonner des caractères, leurs concepts, leurs graisses et d’autres déclinaisons.

Sérigraphies

Janvier – Juin 2024 
Le CFP Arts nous permet, et c’est une chance, d’expérimenter différentes manières de créer, de jouer avec la matière, d’élaborer nos projets et enfin d’imprimer. Entre autres, nous avons appris à sérigraphier. Mes camarades et moi recevions d’abord des consignes précises sur les travaux à rendre: une seule couleur, puis deux, un projet sur papier, puis un autre sur textile. Par la suite, nous avons pu nous épanouir plus librement tout en nous familiarisant avec cette technique et ses outils. Ainsi, j'ai réellement pu expérimenter les encres, les différents supports, la surimpression, ou même les couleurs pailletées.
Les leçons étant malheureusement trop courtes, et les postes d’impression pas toujours libres, je n’ai pas pu réaliser tous les projets que j’aurais voulu. Mais j’ai pu en tirer les connaissances dont j’avais besoin, et qui me permettraient même, je l’espère, d’enfiler à nouveau un tablier si l’occasion se représente à moi !

Photos du Luthier Bernard Bossert

Mai 2024 
Lorsque mon professeur de photographie nous a donné, à mes camarades et moi-même, la mission de faire des images dans «un lieu, dans lequel est pratiquée une activité spécifique» – il avait nommé l’exercice «un lieu, une activité» –, j’ai décidé que je photographierais du travail manuel, si possible en rapport avec la musique. J’ai eu la chance de me rendre dans deux ateliers. Voici le premier, celui de l’artisan luthier Bernard Bossert.
J’avais pour devoir de faire des images différentes, portant par exemple sur les gestes, les objets, les outils, mais également sur des portraits et des vues des lieux, de l’intérieur comme de l’extérieur. J’y ai trouvé mon bonheur, car cette consigne m’a contrainte à m’essayer à des cadrages, tenter des compositions qui ne me seraient pas venu·es naturellement à l’esprit, et qui m’ont permis·es de rendre photogéniques des sujets qui ne m’attiraient pas au premier abord. Malgré cela, je dois dire que ce sont les scènes d’intérieur qui m’ont le plus intéressée. J’ai trouvé une certaine satisfaction à jouer avec les faibles lumières qui régnaient dans l’atelier, les objets anciens, les outils que j’aurais attribués à un autre temps et les meubles, tout faits de bois. Et c’était un plaisir, en parallèle, de voir l’artisan à l’œuvre, muet la plupart du temps mais qui laissait ses mains s’exprimer sur les instruments qu’il confectionnait, et m’appelait de temps en temps, lorsque ses tâches se prêtaient particulièrement à l’œil vitré de mon objectif.

Photos de Servette Music

Mai 2024 
Le second atelier que j’ai eu l’occasion de photographier était celui de Servette Music. Les consignes étaient les mêmes: capturer des points de vue différents qui, ensemble, montrent le fonctionnement des lieux, des plans rapprochés sur les mains jusqu’à la devanture. Ici, la dynamique était complètement différente: l’équipe était grande, chacun·e avait son rôle, ses occupations, et tous·tes me parlaient volontiers de leur métier et des projets en cours.
Dans l’atelier, je me suis focalisée sur les expressions: j’aimais voir la concentration sur les visages des artisan·es ou les dynamiques de groupe, à la découverte d’un nouvel instrument. Dans la boutique, c’est l’alignement des objets bien rangés qui m’a intéressé. Enfin, sur les établis, que je trouvais moins romantiques que celui de Bernard Bossert, j’ai préféré zoomer sur des détails afin de les mettre en valeur: de la poussière de métal, les poils d’un pinceau ou la graduation d'une machine. Ce qui, chez le luthier, était traditionnel, devenait ici plus mécanique et industriel, et cela m’a permis de mettre en valeur les objets d’une autre manière.

Festival VIVA

Septembre – Octobre 2024
Le Festival VIVA est un festival d'arts vivants dédié aux jeunes de 12 à 20 ans. Il a lieu tous les deux ans et sa création est une collaboration entre la Comédie de Genève, le Théâtre Am Stram Gram et le Pavillon ADC. Pendant deux semaines, le public a donc l’occasion d’assister gratuitement à des productions variées de danse, de théâtre, de musique et d'autres formes artistiques.
En 2024, l’organisation a approché les graphistes troisième année du CFP Arts, demandant à chacun·e de proposer sa propre affiche pour l'événement. Afin d’expliquer mon travail, je vais commencer par ma présentation orale. Je l’ai introduite ainsi:
«Pourquoi le CFP Arts ? Pourquoi êtes-vous spécialement venu·es nous chercher ? La réponse est: parce que nous sommes le public cible, et que nous savons donc ce qui nous intéresse. Suivant cette réflexion, je suis allée à la recherche de petits fragments de nous, des éléments qui nous représentent dans le but de créer un visuel dynamique et ludique, qui nous ressemble et évoque autant les arts vivants que la jeunesse. C’est ainsi que j’ai pris: la bouche de Naïa, pour ses piercings et parce qu’elle rappelle le chant, la voix et la joie; la main d’Alvaro, pour ses bagues et parce qu’elle évoque le mouvement, la danse et le théâtre; et l'œil de Lix, pour son expressivité, et parce qu’il représente le public, son attention et son admiration.»
En effet, sur mon affiche, j’ai choisi de mettre en scène des parties du corps de trois de mes camarades de classe, qui représentent chacune un aspect de ce festival, afin que, dans l’essence même de mon concept, soit représenté le public cible. En termes de forme, j’ai décidé de créer des éléments séparés, pour que l’adaptation sur différents supports, notamment animés, soit facile. Cependant, j’aimais l’idée que la typographie puisse jouer avec ces éléments: qu’elle passe devant et derrière, les lie et danse avec eux. J’ai pris des couleurs vives, contrastées et rayonnantes, dans le but que le visuel se repère et se retienne, lorsque affiché dans la rue. J’ai choisi une police d’écriture géométrique et contemporaine. À l’oral j’ai ajouté: «VIVA avec un A original, une lettre costumée s’il en est !», faisant référence au monde de la scène.
C’était l’une de mes meilleures présentations devant le client. J’ai réellement su trouver mon public avec ma personnalité extravagante et théâtrale, et lui présenter une affiche et des déclinaisons qui lui ont sincèrement plu. À la fin de mon passage, j’ai conclu ainsi:
«Le visuel que je propose est vivant, facile à décliner, il attire l’attention et il représente à merveille le public cible. Sur ce, je vous remercie pour votre écoute, pour ce mandat qui m’a grandement épanouie et, un jour, qui sait, on se promènera peut-être dans les coulisses de l’ADC, d’AmStramGram et de la Comédie, et on y retrouvera, cachés dans un recoin, mais toujours aussi enthousiastes, la bouche de Naïa, la main d’Alvaro et l'œil de Lix.»

Cinémathèque Graphique
— Pulp Fiction

Novembre – Décembre 2024
En 2024, notre professeure de typographie nous a fait choisir, dans une liste de films qu’elle avait choisis pour leurs qualités artistiques, un titre que nous allions mettre en page, réalisant ainsi une «cinémathèque graphique». J’ai ainsi choisi Pulp Fiction, car je savais à quelle point c’est un film culte, que j’aimais son style et sa mise en scène, et enfin parce que, bien que je l’avais déjà visionné, il me tardait de mieux le comprendre. La consigne demandait plusieurs choses: un texte libre mais conséquent, des images représentatives du film choisi, et des éléments graphiques qui puissent agrémenter la mise en page. 
En termes de texte, j’ai choisi de faire le tour du contexte, de la production, des thèmes abordés et de ce qui rend Pulp Fiction iconique. Je l’ai ensuite combiné aux images qui lui correspondaient. Sur certaines planches, j’ai volontairement instauré un rapport frénétique entre typographie et photographie, évoquant le rythme du cinéma. Pour représenter les scènes les plus célèbres, j’ai créé des compositions de vignettes dont la forme correspondait au fond. Pour laisser à la lecture le temps de respirer, j’ai décidé que les titres de chapitres occuperaient des doubles pages entières. J’ai également produit des éléments graphiques faits à partir de cases colorées afin de ponctuer les différentes parties du livre.
Enfin, j’ai voulu que la couverture du livre reflète l’aspect sombre du film et qu’elle mette en avant ses mystères. C’est pourquoi je l’ai faite imprimer en noir avec des caractères gris foncés, afin que le titre reste lisible tout en étant énigmatique.

Rapport de Stage

Avril – Mai 2025
En troisième année, le CFP Arts demande à tous ses élèves de graphisme de réaliser un stage de 19 semaines afin de développer leurs compétences et de découvrir le monde professionnel. Mon choix s’est porté sur les Éditions Héros-Limite, une petite entreprise située à la Jonction. Ça a été l’occasion pour moi d’apprendre à corriger des textes, de les mettre minutieusement en page, de concevoir des maquettes, des compositions, d’imprimer les couvertures, et même de faire découvrir la fabrication des livres à des classes d’écoles primaires. L’expérience a été fabuleuse. J’en suis sortie enrichie, plus professionnelle, ayant acquis de nouvelles compétences et une motivation plus complète.
En parallèle de ce qui m’était demandé à l’atelier, j’ai dû, pour l’école, rédiger, mettre en page et imprimer un rapport de stage qui, en plus de documenter mon travail, rende compte de mes capacités. J’adore écrire. Ainsi, faire dans mon livre de belles phrases pour raconter ma petite aventure dans l’édition a été un réel bonheur, et les professeures qui ont évalué mon travail ont d’ailleurs souligné ma «jolie plume». En termes de mise en page, j’ai choisi de m’inspirer de certains livres classiques qui m’entouraient et de les réinterpréter dans une intention contemporaine qui correspondait à mon style d’écriture marqué par l’inclusivité, ainsi qu’à ma personnalité extravagante. La grille de ma mise en page, bien que complexe, était donc créée à partir de règles mathématiques simples, et j’ai choisi comme police de caractère l’Adelphe d’Eugénie Bidaut, afin de mettre en valeur l’écriture inclusive. Mes images avaient non seulement pour but de documenter les processus de création et les différentes tâches qui m’étaient demandées, mais aussi de montrer la beauté des lieux et des travaux terminés. Enfin, sur la couverture, j’ai voulu mettre en valeur le travail invisible des graphistes, raison pour laquelle j’ai mis en évidence les caractères masqués, la grille, les gabarits, le placement des éléments et les différents corps de textes que j’avais longuement pensés.

Impressions en Offset

Février 2025
En février 2025, au milieu de mon stage aux Éditions Héros-Limite, une situation imprévue s’est présentée: tout l’atelier partait en vacances, tandis que je devais rester à Genève. Plutôt que d’interrompre mon apprentissage, j’ai proposé une alternative: passer la semaine à l’imprimerie Noir sur Noir, avec Ché que je connaissais déjà. Cette solution a été acceptée, et c’est ainsi que j’ai vécu une expérience enrichissante bien qu’inattendue.
Cette semaine m’a permis de découvrir l’impression offset, une technique que je ne connaissais encore que très mal. J’ai pu observer, expérimenter et surtout mieux comprendre ce procédé en travaillant directement sur les machines. Nous avons imprimé sur des grands formats deux images en bichromie:
La première était une vieille photographie d’un violoniste et d’un pianiste, que nous avons réalisée avec deux noirs complémentaires pour plus de profondeur. La deuxième, que j’avais moi-même prise chez Bernard Bosser, montrait un élégant chablon utilisé dans la fabrication d’un violon. Nous avons choisi le noir et le orange afin de conserver la chaleur du bois, et avons appliqué une trame marquée pour apporter du caractère à l’image.
Ces quelques jours, j’ai pu mieux comprendre toutes les étapes qui mènent à l’impression, de la préparation du fichier, du choix des encres et du papier, jusqu’au passage sous presse et bien sûr au nettoyage des machines. Au-delà de la technique, cette immersion montre l’une des choses que j’ai le plus appréciées tout au long de ma formation: se mettre au contact des différents domaines qui entourent le graphisme, manipuler la matière, comprendre les procédés et échanger avec des professionnels passionnés. Je garde un excellent souvenir de ce «stage improvisé», ainsi qu’une grande reconnaissance envers Ché, qui a généreusement partagé son savoir et son temps.

Maquette pour une Maison d’Édition Fictive

Octobre – Décembre 2025 
Le travail de diplôme est arrivé à pic, en quatrième année, pour me permettre de me replonger dans le monde de l’édition, qui me manquait depuis mon stage aux Éditions Héros-Limite. L’idée de ce devoir est, à partir d’un thème, de développer un projet personnel centré autour d’un objet graphique de notre choix. Le thème étant «la trace», j’ai décidé de présenter une maison d’édition fictive: Sur nos traces, ainsi que sa première collection: interviews. Le but serait de présenter et donner la parole à des personnes qui, hors des radars de la célébrité et de la fortune, auraient contribué à améliorer le monde et créé de belles choses dont il faudrait se rappeler.
J’ai eu la chance d’interviewer Juan José Lozano, cinéaste suisse et colombien, qui avait réalisé peu avant Memorias de Chiribiquete, un documentaire passionnant sur des fresques ancestrales en Amazonie. Cet échange, que nous avons mené sur plusieurs heures, a constitué la matière première du livre, que j’ai ensuite enrichie de photographies issues du tournage et de notre rencontre. J’étais ravie de reprendre en autonomie l’ensemble du processus d’édition: choix du format, mise en page, hiérarchisation du texte et création de la couverture. J’ai par exemple opté pour un format légèrement plus grand qu’un livre de poche classique, afin qu’il se distingue visuellement. La mise en page reposait sur une séparation claire entre questions et réponses, favorisant à la fois la lisibilité et le dynamisme. Sur la couverture, j’ai décidé de superposer l’intervenant et son œuvre, faisant un lien direct entre la personne et ce qu’elle transmet, et créant ainsi un concept graphique déclinable pour tous les futurs tomes de la collection.
Ce projet a été un plaisir pour moi à réaliser, et je me dis que les excellents retours que j’en ai reçu pourraient un jour motiver pour moi une nouvelle aventure: celle de s’adresser à des lecteur·ices sensibles aux récits humains, curieux·ses de découvrir des parcours aussi sincères qu’inspirants, pour préserver et partager la mémoire de celles et ceux dont les actions méritent d’être racontées.

Cahier Illustré
— Pierre et le Loup

Novembre – Décembre 2025
Il ne fallait pas me donner pour projet de mettre en images une musique de mon choix: j’y ai mis bien trop de motivation. Plutôt que d’illustrer une chanson, j’ai choisi d’explorer un conte musical, Pierre et le loup de Serge Prokofiev, dont l’histoire offrait un terrain de jeu idéal à mon interprétation.
Je suis allé au-delà du cahier illustré demandé en concevant un véritable livre, accompagné d’un CD, pensé comme un objet complet. Chaque double page suit le récit et ses personnages, en cherchant à traduire visuellement les ambiances du conte, sans oublier de rester adapté à un public d’enfants. Mon travail a reposé sur une technique de papiers déchirés. J’ai choisi cette piste en commençant à réaliser l’oiseau, pour lequel les déchirures évoquaient parfaitement la légèreté et la texture des plumes. Par la suite, j’ai pu développer ce langage graphique pour les autres personnages, en jouant avec des formes plus anguleuses pour le loup, le chat et la notion plus générale de danger. De plus, j’ai éprouvé un malin plaisir à jouer avec les couleurs des papiers, tantôt vives et avenantes, tantôt sombres et menaçantes, pour renforcer le caractère expressif de l’histoire et de la musique. Mes illustrations plaisaient tant à mon entourage que j’ai décidé de dépasser le cadre du livre en encadrant certains de mes originaux, conservés dans leur état brut, ainsi qu’en déclinant plusieurs illustrations en cartes postales, comme une extension naturelle du travail.
Présenté devant un jury, ce projet a été très bien accueilli et m’a valu d’excellents retours, notamment sur la cohérence visuelle et l’expressivité de l’ensemble. Les conseils qu’on m’a donnés ont été précieux, et on m’a même dit que je pourrais facilement poursuivre mes études dans le domaine de l’illustration.

Édition pour les 15 ans de la Danse au CFP Arts

Février – Mars 2026
Il arrive que les différentes filières du CFP Arts collaborent pour des projets communs. Pour ce travail, la branche de danse contemporaine a demandé aux graphistes de quatrième année de concevoir une maquette pour un livre commémoratif célébrant ses 15 ans.
Nous travaillions en binômes; j’étais avec Lina Canovas, une graphiste talentueuse avec qui la collaboration était fluide grâce à notre complémentarité. Nous avons eu accès à de nombreuses archives: photographies de spectacles, répétitions ou événements, ainsi que divers écrits comme des récits, témoignages, discours ou poèmes. L’un des défis principaux consistait à intégrer textes et images de manière équilibrée sur un espace restreint, sans alourdir la lecture. Nous devions aussi traduire visuellement l’esprit de la danse contemporaine. Pour cela, nous avons choisi un mot clé: l’équilibre.
Notre édition s’organise en chapitres, chacun consacré à une volée d’élèves, s’ouvrant sur une image de groupe accompagnée des noms. Pour faciliter la navigation, l’année figure à droite sur presque toutes les planches. Les pages de témoignages jouent avec la disposition des blocs de texte, comme en équilibre, tandis que d’autres mêlent récits et images. Nous avons aussi intégré des pleines pages photographiques pour rythmer la lecture. Les planches «ovni», dédiées aux poèmes, nous ont permis d’explorer pleinement notre concept d’équilibre.
Nous avons choisi un rose fluo en ton direct, à la fois contemporain et vibrant, utilisé pour mettre en valeur les noms, la navigation et certaines pages, renforçant l’identité visuelle du livre. Cette notion d’équilibre se retrouve également dans les titres et la couverture. Celle-ci, imprimée sur un carton chromé, évoque les miroirs omniprésents dans la danse et permet à l’ouvrage de se démarquer.
Ce projet a été une franche réussite: nous avons obtenu une excellente note, pris beaucoup de plaisir à le réaliser, et notre proposition a même été sélectionnée parmi les trois gagnantes de ce mandat. Notre travail a su convaincre, tant par son style de mise en page que grâce à notre présentation, en passant bien sûr par l’originalité de la couverture.